La Chaire Biodiversité

Créée en 2021, la Chaire Biodiversité est portée par un comité de pilotage animé par le Dr. Nicolas Bech, Maître de Conférences au laboratoire Écologie et Biologie des Interactions (université de Poitiers / CNRS). Elle a pour vocation de réunir des chercheurs de différentes disciplines et des acteurs locaux du monde socio-économique (collectivités, associations, entreprises…) afin de faciliter les rencontres et soutenir des projets dédiés à la biodiversité. Fédératrice, cette chaire représente un point d’entrée identifiable par les structures qui souhaitent travailler, voire investir, dans des projets en lien avec la biodiversité.

Axe 1 : Biodiversité terrestre

Îlots de chaleur et création d’îlots de fraîcheur en ville

Avec le changement climatique, les périodes de chaleur extrême deviennent plus longues, plus fréquentes et plus intenses, surtout en ville, où apparaissent des « îlots de chaleur urbains » (ICU).

Le programme One city / One health, hébergé par la Chaire, a permis une cartographie inédite des ICU sur la communauté urbaine de Grand Poitiers, en partenariat avec la société PictaMap. La collaboration avec Grand Poitiers s’est avérée particulièrement fructueuse, avec notamment une intégration des données au nouveau PLUi, ce qui témoigne de l’impact tangible des travaux menés, renforcé par la présentation régulière des résultats aux élus.

Ce projet explore les impacts des ICU sur la biodiversité (en partenariat avec les associations LPO et Vienne Nature) ainsi que sur la santé humaine (en partenariat avec le CHU), notamment sur certaines pathologies chroniques (maladies cardiovasculaires, diabète, dépression).

Sur le plan écologique, les résultats montrent que les ICU agissent comme un filtre puissant, modifiant la composition et le fonctionnement des communautés biologiques. Les chauves-souris se révèlent particulièrement vulnérables. Si la diversité des oiseaux est significativement diminuée dans les ICU, certaines espèces montrent une capacité à coloniser la ville. Chez les cloportes, des expérimentations mettent en évidence une tolérance thermique limitée ainsi que des comportements indiquant un stress chronique lié à la chaleur.

Concernant la santé humaine, l’analyse croise la répartition spatiale des ICU avec des données sanitaires et socio-démographiques afin de construire un indicateur global de vulnérabilité. Les résultats révèlent de fortes disparités territoriales, liées à des niveaux d’exposition à la chaleur, des fragilités sociales et économiques, ainsi que des capacités d’adaptation variables. Les quartiers prioritaires concentrent souvent ces facteurs de vulnérabilité.

Maquette 3D des îlots de chaleur
Maquette 3D des îlots de chaleur

Préservation-restauration des sols en milieu rural

Des sols vivants pour une planète en bonne santé : le sol est essentiel à la vie, il filtre l’eau, stocke le carbone, nourrit les plantes et abrite une biodiversité souterraine plus riche qu’en surface. Mais il est fragilisé par le réchauffement climatique et les polluants chimiques (engrais, pesticides). Ainsi, la Chaire soutient des projets visant à comprendre ces impacts et à proposer des solutions pour restaurer la biodiversité des sols.

En 2025, deux programmes ont émergé autour de la santé des sols et de l’agriculture durable. Le projet MARTY (typologies des matières organiques et effets sur la fertilité et la santé des sols) a pour objectif l’évaluation et le transfert des pratiques innovantes de fertilisation organique en maraîchage, tandis que le programme RESILIENT 2050 (REcherche Spatialisée et Intégrée pour une Logique Interdisciplinaire Écologique Neuro comportementale et Territoriale) vise à comprendre comment les imaginaires collectifs façonnent les futurs socio-écosystèmes urbains et quelle place peut y occuper la biodiversité. Alors que les enjeux environnementaux sont bien identifiés, un décalage persiste entre les connaissances disponibles et l’engagement concret des territoires.

Axe 2 : Biodiversité aquatique

Continuums fluviaux : restaurer les zones humides et les continuités fluviales pour atténuer les inondations

Le 6e rapport du GIEC souligne que la France devrait connaître, dans les prochaines années, une intensification des crues, des épisodes de ruissellement et des submersions côtières. Limiter ces phénomènes constitue désormais un enjeu majeur afin d’accroître la capacité d’adaptation des territoires et de leurs habitants face aux évolutions climatiques. Dans ce contexte, la remise en état des zones humides, capables de stocker les excédents d’eau, s’impose comme une solution pertinente. Pourtant, ces milieux ont été largement asséchés depuis le Moyen Âge pour l’agriculture et l’urbanisation, et plus de la moitié d’entre eux sont aujourd’hui dégradés ou disparus. La restauration de ces zones humides peut susciter des tensions avec les riverains et entraîner des effets sur la biodiversité, car de nouveaux équilibres écologiques se sont installés après leur assèchement. La restauration d’une plaine inondable nécessite donc de trouver un équilibre entre efficacité hydraulique, acceptation par les populations et respect de la biodiversité.

Le projet REZHUM consiste à développer une approche pluridisciplinaire, holistique, de la gestion des crues en milieu urbain. La méthodologie est développée et testée sur un cas d’usage concret, la rivière le Clain, sur la communauté urbaine de Grand Poitiers. REZHUM vise à expérimenter une approche interventionnelle pluridisciplinaire afin d’identifier la Solution Fondée sur la Nature (SFN) la plus appropriée, tant en termes d’optimisation hydrologique, que de préservation de la biodiversité, en mobilisant les acteurs impliqués pour la gestion des crues et des débits d’étiage. Les résultats ont pour vocation d’être transférables à l’ensemble des zones inondables présentant une topographie similaire.

Axe 3 : Communication et diffusion

Parmi les nombreuses actions de sensibilisation menées par la Chaire Biodiversité, on peut citer Dessine-moi un mouton, un projet mêlant l’éco-pâturage et la classe dehors, ou encore les Doctorales de la forêt et de ses usages, qui ont eu lieu du 18 au 20 février 2025, à Poitiers. Ces journées doctorales ont été l’occasion de faire dialoguer des doctorants et jeunes chercheurs de différentes disciplines (des bio-géosciences aux sciences humaines et sociales), qui ont pour objet d’étude la forêt et ses usages.

Les partenaires

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